Mardi 22 mai à 14h, Mathieu Vidard de l’émission «La Tête au Carré» sur France Inter reçoit Philippe Droneau de la Cité de l’espace et l’astrophysicien Sylvestre Maurice pour parler de l’exploration de Mars. Et aussi en podcast sur franceinter.fr.

La Cité de l’espace de Toulouse propose en ce moment une exposition intitulée «Explorez Mars». Ici, une maquette fonctionnelle et taille réelle du rover Curiosity.
Crédit : Cité de l’espace/M. Huynh
Le quatrième monde de notre système solaire est d’actualité ! Le rover Opportunity vient en effet de sortir de son sommeil hivernal tandis que la NASA prépare l’arrivée de Curiosity, un autre rover plus ambitieux (voir cet article).
C’est dans ce contexte que Mathieu Vidard de «La Tête au Carré» sur France Inter reçoit Philippe Droneau, directeur-adjoint des programmes à la Cité de l’ espace et chef de projet en charge de l’exposition «Explorez Mars», et l’astrophysicien Sylvestre Maurice, co-responsable de ChemCam, l’un des dix instruments scientifiques du robot Curiosity. Avec cette émission, explorez les enjeux de la mobilité sur Mars le mardi 22 mai de 14h à 15h.
Pour en savoir plus, cliquez sur cette page spécifique de l’émission.
Ci-dessous, présentation de la l’exposition «Explorez Mars» de la Cité de l’espace. Vous y retrouverez notamment Phlippe Droneau et Sylvestre Maurice.
Publié le 18 mai 2012
Article source: http://www.enjoyspace.com/fr/news/la-planete-rouge-sur-france-inter
Le 17 mai, Joe Acaba, Sergueï Revin et Gennady Padalka ont rejoint avec leur vaisseau Soyouz la Station Spatiale Internationale. Avec Oleg Kononenko, Donald Pettit et André Kuipers déjà à bord, ils forment l’Expédition 31.

L’Expédition 31. De gauche à droite : Joe Acaba, Gennady Padalka, Sergueï Revin, André Kuipers, Oleg Kononenko (commandant) et Donald Pettit.
Crédit : NASA
L’Américain Joe Acaba et les Russes Sergueï Revin et Gennady Padalka ont décollé de Baïkonour le 15 mai dernier (voir cet article). Une fois sur orbite, leur vaisseau Soyouz TMA-04M a «pris en chasse» la Station Spatiale Internationale afin de la rejoindre à presque 400 km d’altitude. Le jeudi 17 mai au matin, l’amarrage s’est déroulé comme prévu et les 3 hommes ont pu rejoindre leurs 3 collègues qui sont là-haut depuis décembre 2011.
Les vidéos ci-dessous montrent l’amarrage et l’accueil des 3 astronautes.
L’Expédition 31 est donc désormais au complet. On notera que le néerlandais de l’Agence Spatiale Européenne André Kuipers, l’Américain Donald Pettit et le Russe Oleg Kononenko reviendront sur Terre avec leur Soyouz TMA-03M le 1er juillet prochain. L’Expédition suivante, la numéro 32, commencera alors avec Gennady Padalka pour commandant. Le 15 juillet, doit décoller le vaisseau Soyouz TMA-05M qui amènera les 3 autres membres de cet équipage (l’Américaine Sunita Williams, le Russe Youri Malenchenko et le Japonais Akhihiko Hoshide).
Publié le 17 mai 2012
Article source: http://www.enjoyspace.com/fr/news/l-expedition-31-est-au-complet
Dans le cadre du cycle «L’Odyssée de l’Espace» avec la Cinémathèque de Toulouse, la Cité de l’espace vous propose de regarder en salle IMAX The Thing, un film de SF horrifique de 1982 devenu un classique. Le mercredi 23 mai à 20h30 (6,5 € la place).

McReady (joué par Kurt Russell) est l’un des habitants de la base américaine qui s’oppose à la présence de «la chose» (The Thing) par tous les moyens.
Crédit : DR
En 1982 un extraterrestre de cinéma envahit les écrans du monde entier et éblouit les spectateurs par son message de tolérance et d’humanisme : ET de Steven Spielberg. Le succès (mérité) de ce film est souvent cité comme une des raisons de l’échec commercial de The Thing de John Carpenter la même année.
Au-delà de l’extraterrestre méchant
Il est vrai que si le public attendait un nouvel extraterrestre gentil, il risquait fort d’être extrêmement déçu ! En réalisant un remake du The Thing From Another World de 1951, John Carpenter avait en effet retenu l’aspect «monster movie» de l’original où la créature n’hésite pas à agresser les terriens pour survivre, ces derniers ayant commis la maladresse de la ramener à la vie alors qu’elle était congelée après le crash de son vaisseau spatial au pôle Nord.
Dans la version de 1982, l’arrivée de la soucoupe volante est toujours évoquée, mais l’intrigue se déroule dans une base américaine de l’Antarctique (au pôle Sud donc). Grâce à un jeune génie des effets spéciaux de maquillage de 22 ans nommé Rob Bottin, John Carpenter met en scène un ambitieux concept : la créature n’est plus un monstre humanoïde mais un virus qui prend possession des êtres vivants (animaux ou humains) qui deviennent alors capables de faire muter leur corps de façon spectaculaire et horrifique (le film a été interdit aux moins de 12 ans lors de sa sortie en salles).
Ci-dessous la bande-annonce.
De fait, John Carpenter, qui avait montré son brio avec Halloween en dynamitant les codes cinématographiques du film d’horreur pour initier un nouveau genre (celui du «slasher» où un être tue sans relâche des personnes et plus généralement des adolescents), renforce son approche du climat oppressant et crée une véritable paranoïa scénaristique puisque tout le casting est susceptible d’avoir été contaminé ! Qui est toujours humain et qui ne l’est plus ? L’interrogation sème le trouble et réserve plusieurs scènes d’anthologie. On est donc avec The Thing au-delà du cliché du film qui se contente d’exhiber les méfaits sanglants d’un extraterrestre méchant. La question de l’identité humaine et de sa résistance face à une autre réalité du vivant est posée avec force et violence. Il ne fait aucun doute qu’en projetant ce désormais grand classique de la SF horrifique dans sa salle IMAX (mais en format 35mm, format d’origine du film), la Cité de l’espace vous permettra de revivre le choc cinématographique original !

Une base américaine dans l’Antarctique, lieu clos où se déroule le drame de The Thing, celui d’une humanité confrontée à une logique du vivant d’origine extraterrestre et très éloignée de la sienne.
Crédit : DR
Une projection réalisée dans le cadre du cycle «L’Odyssée de l’Espace» avec la Cinémathèque de Toulouse. Un cycle dont le CNES, l’agence spatiale française, est partenaire. Étant donné le thème du film, The Thing vous sera exceptionnellement présenté par Jacques Arnould, responsable de l’éthique au CNES, et Michel Viso, responsable de l’exobiologie au CNES.
Mercredi 28 mai à 20h30 – sale IMAX – Cité de l’espace
Vente des billets à la Cité de l’espace et à la Cinémathèque ou le soir-même sur place.
Tarif : 6.50€ / Réduit : 5.50€ / Jeunes moins de 18 ans : 3€
Pour réserver votre place par mail : s.henry-baudot@cite-espace.com
L’affiche française originale du film lors de sa sortie en salles en 1982.
Crédit : DR
Publié le 16 mai 2012
Article source: http://www.enjoyspace.com/fr/news/the-thing-a-la-cite-de-l-espace
Dans la nuit du 15 mai, le lanceur européen a placé sur orbite deux satellites de télécommunications, l’un japonais, l’autre vietnamien, tous deux construits par l’américain Lockheed Martin. Quarante-huitième succès d’affilée pour Ariane 5.
Pile à l’heure, soit 19h13 heure de Kourou, la 206ème fusée de la famille Ariane (toutes versions confondues) a quitté le Centre Spatial Guyanais. À son sommet, les satellites de télécommunications JCSAT-13 et Vinasat-2. Après 26 minutes de vol, le premier était libéré et prenait le chemin de son orbite géostationnaire, suivi 10 minutes plus tard par le second.
La vidéo ci-dessous montre le décollage.
Cette mission intitulée VA206 (Vol Ariane 206) marque donc le quarante-huitième succès d’affilée pour Ariane 5. Jean-Yves Le Gall le PDG d’Arianespace (société chargée de commercialiser le lanceur européen), a souligné qu’avec ce vol la compagnie qu’il dirige a envoyé dans l’espace plus de 300 satellites principaux, sans compter la cinquantaine de passagers secondaires (des satellites bien plus petits, souvent issus d’universités).
Construits par la firme américaine Lockheed Martin, JCSAT-13 (4,5 tonnes) et Vinasat-2 (2,9 tonnes) amenés à bon port par Ariane 5 le 15 mai fourniront des relais de télécommunications pour respectivement Sky Perfect JSAT Corporation au Japon et le Vietnam Posts and Telecommunications Group au Vietnam. Il s’agissait là des 100ème et 101ème satellites commerciaux géostationnaires du constructeur américain (et les 42ème et 43ème de Lockheed Martin lancés par Arianespace).
La prochaine mission d’Ariane 5 est prévue pour le 19 juin avec le lancement du satellite de télécommunications EchoStar XVII et de celui d’Eumetsat (météorologie européenne) MSG-3 (voir cet article).
Ci-dessous, le poster officiel du vol VA206 du 15 mai.

Publié le 16 mai 2012
Article source: http://www.enjoyspace.com/fr/news/nouveau-succes-pour-ariane-5

La sonde européenne JUICE devrait s’envoler pour la planète Jupiter en 2022. Crédits : ESA/AOES.
« JUICE est la première mission d’exploration entièrement européenne qui se dirigera vers une planète géante », remarque Richard Bonneville, directeur adjoint des programmes au CNES. « Ce genre d’aventure n’a lieu que tous les 30 ans, c’est une chance d’y participer ! », avoue Olivier Grasset, co-responsable scientifique de JUICE au Laboratoire de Planétologie et Géodynamique de Nantes (1).
Quelle est la destination de cette mission ? Le système de Jupiter, la plus grosse planète du système solaire. Et si elle a été baptisée JUICE (JUpiter ICy moons Explorer), c’est qu’elle va explorer 3 des lunes glacées de Jupiter : Ganymède, Europa et Callisto. La mission vient d’être sélectionnée par l’ESA dans le cadre du programme Cosmic Vision 2015-2025 et le CNES soutiendra la réalisation des contributions instrumentales des laboratoires français.
« La sonde Galileo (2) a mis en évidence la présence d’océans liquides sous la croûte de glace de ces lunes mais également la complexité des interactions entre ces lunes et Jupiter dont la magnétosphère est très active, retrace Olivier Grasset. Avec JUICE, nous allons essayer de caractériser ces phénomènes. »
Des informations précieuses pour avancer dans la compréhension des systèmes exoplanétaires, et plus spécifiquement de l’émergence d’environnements viables autour des planètes géantes. JUICE devrait, entre autre, permettre de dresser le portrait des « planètes océans » que l’on commence à découvrir dans d’autres systèmes planétaires (3).
Article source: http://www.cnes.fr:80/web/CNES-fr/10086-gp-juice-une-nouvelle-mission-d-exploration-vers-jupiter-et-ses-lunes.php
Après son décollage réussi de Baïkonour le mardi 15 mai, le vaisseau russe transporte les Russes Gennady Padalka et Sergueï Revine, ainsi que l’Américain Joseph Acaba, vers la Station Spatiale Internationale. Amarrage prévu le 17 mai.
Le 15 mai, l’agence russe Roscosmos a procédé au lancement du vaisseau Soyouz TMA-04M depuis Baïkonour en direction de la Station Spatiale Internationale. L’équipage comprend 3 astronautes : les Russes Gennady Padalka et Sergueï Revine, ainsi que l’Américain Joseph Acaba.
Les 2 fenêtres ci-dessous vous permettent de regarder l’enregistrement du direct EnjoySpaceTV (en 2 parties).
Les 3 passagers du Soyouz TMA-04M compléteront l’équipage de la Station en rejoignant le commandant Russe Oleg Kononenko, l’Américain Donald Pettit et le néerlandais de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) André Kuipers déjà à bord. L’amarrage à l’ISS est prévu pour le jeudi 17 mai à 06h38 heure française.
Publié le 14 mai 2012
Article source: http://www.enjoyspace.com/fr/news/soyouz-tma-04m-en-route-vers-l-iss
Le lanceur lourd européen a décollé, comme prévu ce mercredi 16 mai à 0h13 (heure de Paris) pour mettre en orbite 2 satellites de télécommunication depuis la Guyane : JCSAT-13 et VINASAT-2. Ariane 5 signe là son 48e succès d’affilée.
Article source: http://www.cnes.fr:80/web/CNES-fr/10064-live-streaming-web.php
Mardi 15 mai à 05h01 (heure française), les Russes Padalka et Revine, avec l’Américain Acaba, décolleront de Baïkonour vers la Station Spatiale Internationale à bord du vaisseau Soyouz TMA-04M. À suivre en direct sur enjoyspace.com.
Ce mardi 15 mai à 5h01 heure française, l’agence russe Roscosmos procédera au lancement du vaisseau Soyouz TMA-04M depuis Baïkonour en direction de la Station Spatiale Internationale. L’équipage comprend les Russes Gennady Padalka et Sergueï Revine, ainsi que l’Américain Joseph Acaba. Ils compléteront l’Expédition 31 de l’ISS.
Enjoy Space retransmettra NASA TV dans la fenêtre ci-dessous et y ajoutera un commentaire en français. Le direct commencera le mardi 15 mai à 04h50 du matin heure française (décollage 10 minutes plus tard).
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Vous pourrez poser vos questions via notre rubrique Contact ou en utilisant le Chat du Forum de la Conquête Spatiale (inscription gratuite nécessaire).
Publié le 14 mai 2012
Article source: http://www.enjoyspace.com/fr/news/decollage-du-soyouz-tma-04m
Le rover Opportunity a passé avec succès son cinquième hiver martien et a recommencé à rouler. Sur Terre, un modèle d’essai du rover Curiosity permet des tests de mobilité en attendant l’arrivée de l’original sur Mars en août prochain.

Une image transmise par le rover Opportunity après avoir parcouru 3,67 mètres le 8 mai dernier. L’ombre est celle de l’un de ses panneaux solaires.
Crédit : NASA/JPL-Caltech
Spirit et Opportunity se sont imposés comme les champions mobiles de la planète rouge. Arrivés en janvier 2004, ils ont pulvérisé leur durée de vie initiale de 90 jours. Le premier a cessé fonctionner normalement en 2010 et, en mai 2011, la NASA a officiellement annoncé la fin de la mission après des tentatives répétées d’établir un contact radio. De fait, Spirit n’avait pas résisté à son quatrième hiver martien. Les hivers martiens mettent en effet à rude épreuve les électroniques de bord en raison de températures fortement négatives aux environs des -100 °C (n’oublions pas aussi que les saisons durent deux fois plus longtemps que sur Terre).
Opportunity passe l’hiver
Le jumeau de Spirit, Opportunity, a lui en revanche survécu à ce quatrième hiver et vient même de passer avec succès le cinquième. Immobilisé afin d’économiser le peu de courant généré par les panneaux solaires lors de cette période où le Soleil est plus bas sur l’horizon, le vaillant rover a accompli le 8 mai 2012 ses premiers tours de roues depuis le 26 décembre 2011. En tout, 3,67 mètres ont été parcourus.
Opportunity va donc pouvoir explorer le cratère Endeavour dont il avait atteint la bordure avant sa «pause hivernale». La prudence restera toutefois de mise, car les panneaux solaires ont été au fil de la mission recouverts de poussière. Au fur et à mesure que le printemps puis l’été s’imposeront, les panneaux gagneront en efficacité, donnant alors plus de marge de manœuvre.
Curiosity testé sur Terre
Pendant ce temps, le prochain rover martien de la NASA vogue vers sa destination. L’imposant Curiosity (900 kg contre seulement 185 kg pour Opportunity ) doit en effet se poser sur Mars dans le cratère Gale de 154 km de large le 6 août. Sur Terre, les responsables de la mission n’attendent pas l’événement les bras croisés ! Outre la surveillance de la phase de navigation spatiale, le Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la NASA multiplie les répétitions techniques et notamment les essais de roulage. D’ailleurs, au début du mois de mai, un curieux double simplifié du rover a arpenté les dunes du désert de Mojave en Californie.

Curiosity (ou presque !) en test de roulage au sol en Californie. Une version simplifiée afin de simuler ce que les six roues devront affronter sur Mars.
Crédit : NASA/JPL-Caltech
En regardant la photo ci-dessus, il est évident qu’il manque quelque chose ! Ceci s’explique par le fait que ce test se centrait sur la mobilité du rover et non sur sa charge utile scientifique. Ainsi, la petite boite électronique de contrôle suffisait à simuler le poids réduit de Curiosity sur Mars (où la gravité est 3 fois inférieure à celle de la Terre). Pour les techniciens, il s’agissait d’affiner les stratégies de déplacement du rover au sein de dunes de sable puisque ce genre de terrain sera à traverser pour atteindre les prometteuses strates géologiques présentes sur les pentes du mont central du cratère Gale.
En ce moment, et pour aller plus loin sur ce sujet, la Cité de l’espace de Toulouse propose une exposition intitulée «Explorez Mars». Voir la vidéo ci-dessous.
Publié le 14 mai 2012
Article source: http://www.enjoyspace.com/fr/news/opportunity-roule-curiosity-en-test
L’Agence Spatiale Européenne a déclaré la fin officielle de la mission de son satellite environnemental. Tout contact avec cet observateur prolifique de la Terre avait été perdu le 8 avril dernier, après 10 ans de bon fonctionnement au lieu des 5 prévus.

Dans le cadre des efforts entrepris pour comprendre ce qui arrivait à Envisat, le satellite d’observation français Pleiades-1A a photographié l’ange gardien de la Terre le 15 avril dernier.
Crédit : CNES/Enjoy Space
Il est bien évidemment difficile de se réjouir de l’arrêt d’un programme spatial, même si celui-ci a dépassé sa durée de vie nominale. En l’occurrence, nous parlons d’Envisat, véritable ange gardien de notre planète.
8 tonnes et 10 ans pour la Terre
Lors de son lancement en 2002 par une fusée Ariane 5 depuis Kourou, le satellite représentait un ambitieux pari. Alors que certains avaient avancé l’idée de répartir les différents instruments sur plusieurs satellites, l’Agence Spatiale Européenne (ESA) opta pour l’audacieuse solution de tout regrouper sur une seule plateforme orbitale de 8 tonnes. En cas d’échec au lancement ou d’un problème sur le satellite, l’Europe perdait d’un coup un pan entier de sa politique d’observation de la Terre, d’évaluation des changements climatiques ou des effets des activités humaines sur l’environnement… Le pari se transforma fort heureusement en une spectaculaire réussite. Ainsi, conçu pour fonctionner 5 ans, Envisat a cumulé 10 ans de bons et loyaux services, montrant notamment le recul de la banquise arctique ou encore l’augmentation de la pollution de l’air en Asie.

Le satellite Envisat (image d’artiste).
Crédit : ESA
Mais ce bilan positif de «8 tonnes et 10 ans pour la Terre» laisse quelque peu les spécialistes de l’ESA sur leur faim. Tout d’abord, il n’est pas rare que les satellites dépassent leur durée de vie prévue, même pour des plateformes aussi complexes qu’Envisat. Si le doublement de la performance attendue en ce domaine reste à saluer, l’arrêt brutal des transmissions constitue une fin de vie peu satisfaisante, les ingénieurs aimant comprendre ce qui se passe là-haut afin d’améliorer la fiabilité des engins suivants. À ce jour, l’ESA ne privilégie aucune hypothèse et évoque ce qu’elle appelle prudemment des «scénarios de panne envisageables» comme la perte du régulateur de puissance ou un court-circuit.
8 tonnes bien encombrantes sur orbite
Le dernier relevé radar d’Envisat, reçu le 8 avril 2012 à 11h09 Temps Universel. Cette observation des îles Canaries est l’ultime transmission du satellite avant la perte de contact.
Crédit : ESA/Edisoft
De fait, le pronostic s’avère très sombre car si des tentatives de reprise de contact radio sont programmées, dans le même temps l’agence annonce la fin officielle de la mission Envisat et souligne l’urgence d’assurer la continuité des observations de la Terre avec les satellites de la génération Sentinelle dans le cadre de GMES (Global Monitoring for Environment and Security), programme européen de surveillance de la planète qui réunit l’ESA, Eumetsat (satellites météo européens) et la Commission Européenne. Le premier satellite, Sentinel-1, devrait être placé sur orbite en 2013 (au lieu de 2011 comme envisagé au départ).
En attendant une relève des plus urgentes (même si fort heureusement d’autres satellites surveillent notre environnement), l’Agence Spatiale Européenne doit gérer 8 tonnes sur orbite bien encombrantes. En effet, sans reprise du contrôle d’Envisat, il n’est pas possible de programmer ce dernier pour une fin de vie optimale, comprenez un placement sur une orbite l’amenant à une rentrée contrôlée dans l’atmosphère se terminant au-dessus de zones non habitées. Pourtant, il ne s’agit pas là du principal souci puisqu’avec son orbite actuelle, le satellite européen ne devrait pas atteindre les couches hautes de l’atmosphère avant 150 ans. En revanche, privé de «pilotage», Envisat pourrait entrer en collision avec un débris ou un autre satellite inactif. N’ayant pas été passivé, Envisat garde des réserves d’ergols susceptibles d’exploser en cas de choc trop violent : de quoi produire un nombre important de débris qui s’ajouteront à une pollution orbitale déjà jugée préoccupante. Voilà qui explique pourquoi l’ESA déclare que «même si les chances de sauvetage d’Envisat sont extrêmement faibles, l’équipe d’investigation continuera de chercher à rétablir le contact au cours des deux prochains mois».

La dernière image de l’instrument MERIS d’Envisat.
Crédit : ESA
Publié le 11 mai 2012
Article source: http://www.enjoyspace.com/fr/news/fin-de-mission-pour-envisat