Conférence le 05 Aout 21h à Haute-Corréo par Jean Pierre Sivan (directeur de recherche au CNRS)
L’existence de planètes autour des étoiles est passée brutalement du domaine du rêve à celui de la réalité en 1995, avec la fabuleuse découverte réalisée par M. Mayor et D. Queloz à l’Observatoire de Haute Provence. Pour la première fois était mise en évidence la présence d’une planète tournant autour d’une autre étoile que le Soleil, une étoile très semblable à celui-ci, située à plus de 40 années lumière de nous ….
Cette découverte de la première « planète extrasolaire », attendue depuis des millénaires, a été suivie de nombreuses découvertes analogues : ce sont aujourd’hui plus de quatre cents planètes extrasolaires qui ont été observées en orbite autour d’étoiles de la Voie Lactée, certaines d’une taille comparable à celle de la Terre. Les projets instrumentaux au sol et dans l’espace abondent pour aller plus loin dans la quête de ces mondes nouveaux, une exploration passionnante qui conduira notamment à mieux comprendre les processus de formation des systèmes planétaires, du système solaire en particulier.
Mais un enjeu de taille est aussi la recherche de la vie extraterrestre !
A partir des observations effectuées avec la mission Cassini, une équipe d’astrophysiciens (Université Paris Diderot, CEA, CNRS, Université de Nice Sophia-Antipolis, Observatoire de la Côte d’Azur/INSU, ) a réalisé une simulation numérique des processus de formation des satellites de Saturne. Ils ont montré que ces satellites, pourtant bien distincts du système d’anneaux de la planète, en sont issus et poursuivent leur « accrétion », alors que leur formation, comme pour les planètes et les satellites du Système solaire, est réputée achevée depuis plusieurs milliards d’années. Ces travaux sont publiés dans la revue Nature du 10 juin.
Les petits satellites. © AIM. CEA. La mission Cassini (NASA), en orbite autour de Saturne depuis 2004, observe à haute résolution la planète Saturne, ses satellites et son système d’anneaux. Situés juste à l’extérieur de la ceinture principale d’anneaux, une myriade de petits satellites – Pan, Atlas, Prométhée, Pandore, Janus, Epiméthée – peuvent être repérés par leurs formes allongées. Les anneaux denses de Saturne (découverts par Galilée) s’étendent de 70 000 km à 138000 km de la planète ; les satellites orbitent au-delà, entre 138 000 km et 150 000 km et sont donc bien distincts de ce système d’anneaux. Les satellites naturels des planètes du Système solaire, par exemple la Lune satellite de la Terre, Titan satellite de Saturne, se sont formés pendant le premier milliard d’années de son histoire, dont l’âge est estimé à 4,56 milliards d’années. Les processus de formation de ces planètes et de ces satellites seraient ainsi aujourd’hui achevés.

Petits satellites de Saturne photographiés par la mission Cassini. © Cassini NASA/JPL/SSI Etrait de Porco et al., 2007.
Les observations permises par Cassini intriguent les scientifiques à double titre. D’une part, la myriade de petits satellites est actuellement relativement proche de Saturne, alors que leur distance à la planète doublerait tous les dix millions d’années environ par interaction avec les anneaux. Dans ce cas, comment pourraient-ils être aussi âgés que Saturne elle-même et se trouver à cette distance de la planète ? D’autre part, ils restent très brillants, d’une couleur spectrale proche de celle des anneaux, qui sont constitués de glace d’eau très réfléchissante ; or ils devraient subir le bombardement météoritique qui noircit les surfaces de corps du Système solaire.
Pour être si « propres » et si proches des anneaux, les satellites doivent-être beaucoup plus jeunes. Quelle est leur origine ? Comment se sont-ils formés ?
L’étude menée par des astrophysiciens du laboratoire d’Astrophysique, Instrumentalisation-Modélisation (CEA-Irfu, CNRS/INSU, Université de Paris Diderot), du laboratoire Cassiopée (Université de Nice Sophia-Antipolis, Observatoire de la Côte d’Azur/INSU, CNRS) et du Department of Applied Mathematics and Theoretical Physics de l’University of Cambridge, permet d’éclaircir ce mystère. Grâce à une simulation numérique modélisant l’évolution fluide des anneaux et la couplant aux processus de formation des satellites, ils ont montré que les petits satellites de Saturne sont en fait constitués du matériau-même des anneaux de Saturne, qui s’est spontanément étalé vers l’extérieur.
D’une certaine manière, ils sont en fait des « bouts » d’anneaux condensés en agrégats, il y a quelques millions ou dizaines de millions d’années seulement. En effet, les anneaux de Saturne, comme tout disque astrophysique, s’étalent sous l’effet de leur viscosité. Les intenses forces de marées -c’est-à-dire les interactions entre la planète et les anneaux- maintiennent les anneaux stables. Au-delà d’une certaine distance, ils deviennent instables et se condensent spontanément en agrégats. La zone de transition s’appelle « la limite de Roche », et se trouve justement aux alentours de 138 000 km, là où les anneaux principaux s’arrêtent et où l’on commence à trouver des satellites. Quand les anneaux s’étalent et franchissent cette frontière, des agrégats de matière se forment en quelques centaines d’heures. Ces petits agrégats se rencontrent et peuvent former des corps plus gros. Les chercheurs ont montré que ce processus rendait compte à la fois des masses, des tailles mais aussi de l’organisation orbitale des petits satellites de Saturne. Ce processus très lent, toujours à l’œuvre au bord externe des anneaux, explique également la faible densité et la composition chimique des satellites, proche de celle des anneaux.

Visualisation de la formation des petits satellites grâce à la simulation numérique. © CEA.
Le bord des anneaux de Saturne (anneau A) à 138700 km, l’anneau F riche en poussières et le satellite Prométhée. © Cassini NASA/JPL/SSI. « Ce nouveau mécanisme de formation de satellites pourrait avoir d’autres applications ailleurs dans le Système solaire : notre Lune se serait formée de manière très similaire par exemple, à partir du disque proto-lunaire», indique Sébastien Charnoz, du laboratoire AIM Paris Saclay. « Ces travaux montrent que les processus de formation de nouveaux objets ne sont pas achevés dans le Système solaire, et qu’au bord des anneaux principaux de Saturne, en ce moment même, des corps sont en train de naitre. » Le même processus explique également l’origine de l’anneau F de Saturne (figure 2). Riche en poussières et situé juste au-delà des anneaux principaux (à 3 000 km), il se trouve entre les orbites de Prométhée et Pandore, deux des petits satellites. Cet anneau très dynamique ne serait autre que la signature « poussiéreuse » de ce processus. Même si l’anneau F (figure 2) pourrait avoir toujours existé (car régulièrement réalimenté en petites lunes régulièrement formées), le matériau dont il est constitué ne doit pas avoir plus de dix millions d’années.
La mission Planck, observatoire de l’ESA des fréquences micro-ondes, et première mission européenne conçue pour étudier le Rayonnement Cosmologique Fossile (RCF), vient de commencer le second de quatre relevés successifs du ciel. Des relevés qui vont à terme fournir l’image la plus détaillée jamais obtenue de l’Univers primordial. Sur de nouvelles images publiées ce jour, on peut découvrir des nuages filamentaires connectant les plus grandes échelles de la Voie Lactée aux plus petites.
Bien que la mission première de Planck soit de cartographier le RCF (les vestiges de la toute première lumière émise il y a 13,7 milliards d’années), en imageant l’intégralité du ciel, l’instrument va aussi fournir des données précieuses pour nombre d’études astrophysiques. Pour preuve les nouvelles images publiées ce jour, qui révèlent la distribution de la poussière froide de notre Galaxie et la structure du milieu interstellaire qui l’emplit.
Révéler le milieu interstellaire à grande échelle
L’espace entre les étoiles n’est pas vide, il contient des nuages de poussière et de gaz intimement mêlés qui forment le « milieu interstellaire ». La richesse des structures filamentaires observées, et la façon dont les petites et les grandes échelles sont interconnectées, fournissent des indices importants sur les mécanismes physiques à la base de la formation des étoiles et des galaxies.
Situer où se forment les étoiles
Une des caractéristiques essentielles de Planck est son aptitude à révéler la température des particules de poussière les plus froides, cette même température qui reflète l’équilibre des énergies en présence dans le milieu interstellaire. En révélant ces amas froids (près de -260 °C), Planck permet d’isoler les lieux où la formation des étoiles est sur le point de commencer. Ainsi, en combinant les données de Planck avec celles d’autres satellites, comme Herschel de l’ESA, Spitzer de la NASA, ou encore IRAS, les astronomes vont pouvoir étudier la formation des étoiles de la Voie Lactée dans son ensemble.
Les dernières images obtenues, visibles en pièce jointe et légendées, montrent par leur existence et leur qualité que l’Instrument HFI fonctionne de manière très satisfaisante et que tout le segment sol, qui recueille les données, vérifie journellement leur qualité et les transforme en produits utilisables par les scientifiques, est pleinement opérationnel. Il est composé du centre d’opération de HFI basé à l’Institut d’Astrophysique Spatiale à Orsay (CNRS/Université Paris-sud 11, OSU/INSU) et du Centre de Traitement des données situé à l’Institut d’Astrophysique de Paris (CNRS, Université Pierre et Marie Curie, OSU/INSU), tout deux financièrement soutenus par le CNES. Le centre de mission de l’ESA est quant à lui situé à l’ESAC en Espagne.

Image Planck d’un écheveau Galactique de poussière froide. La capacité de Planck de mesurer la température des particules de poussière les plus froides permet de fournir un indicateur important des processus physiques à l’œuvre dans le milieu interstellaire, et dans les régions de formation des étoiles. L’image couvre une portion de ciel d’environ 50 degrés. Cette image composite en trois couleurs a été obtenue à partir des deux fréquences les plus élevées de Planck (les canaux à 557 et 857 GHz de l’instrument HFI, qui correspondent à des longueurs d’onde de 540 et 350 micromètres), et d’une image à plus courte longueur d’onde (100 micromètres), obtenue grâce au satellite IRAS (InfraRed Astronomical Satellite). Cette composition permet de situer efficacement la poussière: les tons rougeoyants correspondent à des températures qui peuvent atteindre près de 12 degrés au-dessous du zéro absolu (soit environ -260 degrés Celsius), tandis que les tons à base de blanc correspondent à des régions nettement plus chaudes (des dizaines de degrés au dessus du zéro absolu) où des étoiles massives sont en cours de formation. L’image dans son ensemble révèle l’état de la poussière dans un voisinage d’environ 500 années lumière du Soleil. Cette image Planck a été obtenue au cours du premier relevé intégral du ciel qui a débuté en août 2009 et qui est aujourd’hui, à la mi-mars 2010, complet à 98 %. A ce rythme, Planck aura terminé d’effectuer son premier relevé intégral du ciel à la fin mai 2010. Cette image montre aussi l’intérêt que représente la combinaison des informations de Planck à celles obtenues par un autre instrument, IRAS, permettant dans le cas présent de mieux définir la température de la poussière. © ESA et le Consortium HFI, IRAS.

Ces structures filamentaires de la Voie Lactée sont clairement visibles aux grandes échelles, comme le montre l’image Planck à droite, tout comme aux petites échelles, comme le montre l’image agrandie de gauche, unepetite région obtenue par le satellite Herschel dans la constellation de l’Aigle (même région que dans la première image). L’image Planck, à droite, qui couvre une portion du ciel d’environ 55 degrés, a été obtenue par l’instrument HFI à une fréquence de 857 GHz (soit une longueur d’onde de 350 micromètres). La bande horizontale rouge profond au bas de l’image correspond au disque de notre Galaxie spirale vu de l’intérieur. Les couleurs de cette image ont été choisies pour traduire l’intensité de l’émission du rayonnement thermique de la poussière à cette fréquence. L’image de gauche montre une « pouponnière stellaire » typique (d’environ 3 degrés de large) dans la constellation de l’Aquila (aigle), dont l’image vient d’être prise par l’Observatoire Spatial Herschel. Un des constats les plus intéressants étant que la structure filamentaire vue aux toutes petites échelles par Herschel a une ressemblance frappante avec celle vue par Planck aux plus grandes échelles, soulignant la synergie entre les deux instruments. © ESA et le Consortium HFI ; pour l’insert : ESA et Consortia SPIRE & PACS, P. André (CEA Saclay) pour le programme clé de la ceinture de Gould.

La région du ciel couverte par l’image Planck est mise en situation grâce à sa superposition à l’image optique du ciel obtenue par Axel Mellinger. Cette image montre la capacité de l’instrument à balayer une large région pour en donner un aperçu panoramique. © ESA et le Consortium HFI ; Axel Mellinger.
Combinant 145 jours de mesures obtenues par le satellite CoRoT du CNES, à celles du spectrographe HARPS de l’ESO, une équipe internationale vient de découvrir une nouvelle planète – CoRoT-9b – avec une probable température de surface d’environ 100°C, et dont les dimensions sont proches de celles de Jupiter, et qui tourne autour d’une étoile semblable au Soleil dans la constellation du Serpent, à quelques 1 500 années lumière de la Terre.
« Une fois de plus, CoRoT fait une découverte originale et riche d’enseignements » explique Olivier La Marle, responsable du programme astrophysique du CNES. Ce qui rend remarquable cette planète vue en transit, c’est qu’elle est 10 fois plus éloignée de son étoile que les « Jupiters chauds » détectés à ce jour, il s’agit donc d’une planète avec une température de surface de l’ordre de 100°C. Cette exoplanète tempérée la place entre les Jupiters chauds et notre Jupiter, et l’on va sans doute pouvoir sonder son atmosphère, ouvrant ainsi la voie à l’étude d’un nouveau régime météorologique. Cette découverte à laquelle ont participé plusieurs chercheurs des laboratoires français, est publiée le 18 mars par la revue Nature.
« CoRoT-9b est une exoplanète assez semblable aux planètes de notre système solaire. Elle a la taille de Jupiter et l’orbite de Mercure », souligne Hans Deeg, le chercheur de l’Institut d’Astrophysique des Iles Canaries (Espagne) qui a mené l’équipe de près de 60 astrophysiciens européens. Claire Moutou, du Laboratoire d’Astrophysique de Marseille (CNRS, Université de Provence, OAMP-OSU/INSU), ajoute qu’ « il s’agit d’une planète géante tempérée, qui présente donc un potentiel immense pour des recherches futures plus approfondies, sur ses caractéristiques physiques et son atmosphère ».

En effet, grâce à l’analyse de ses transits (les passages de la planète entre son étoile hôte et nous) avec CoRoT, l’information mesurée sur CoRoT-9b est supérieure à celle disponible sur d’autres planètes semblables. Jusqu’à présent on a découvert environ 430 exoplanètes, dont seulement 70 sont vues en transit devant leur étoile. Le fait que la période orbitale de CoRoT-9b soit de 95 jours terrestres implique que le rayonnement qu’elle reçoit de son étoile est modéré, en comparaison avec la plupart des planètes en transit détectées à ce jour dont l’année ne dure que quelques jours.
Le satellite CoRoT a détecté cette planète après 145 jours d’observations durant l’été 2008, pendant lequel deux transits ont été observés. Ils ont permis de calculer son rayon, 1,05 fois celui de Jupiter, et sa période de révolution, 95 jours terrestres. Des observations avec l’instrument HARPS de l’Observatoire Européen Austral (ESO) ont ensuite permis de mesurer sa masse, et établi que CoRoT-9b est une planète gazeuse.
Cette nouvelle planète maintient une distance relativement grande à son étoile centrale, semblable à celle de Mercure autour du Soleil. L’astrophysicien Tristan Guillot, du laboratoire Cassiopée (Observatoire de la Côte d’Azur, CNRS, Université de Nice Sophia-Antipolis, OSU/INSU), indique que, selon des modèles d’évolution planétaire similaires à ceux des planètes géantes de notre système solaire, « la planète est composée majoritairement d’hydrogène et d’hélium, mais elle peut contenir jusqu’à 20 masses terrestres d’autres éléments, dont de l’eau et des roches à hautes pression et haute température. Elle est donc très semblable à Saturne et Jupiter ». La température moyenne de l’atmosphère gazeuse devrait être comprise entre -20 et +150 degrés Celsius. Contrairement aux exoplanètes en transit connues, on prévoit de faibles variations de température entre le jour et la nuit. Il est possible que CoRoT-9b possède une couche de nuages très réfléchissants.
CoRoT-9b est la première planète géante dont l’étude détaillée est possible. « Elle peut ainsi permettre de mieux comprendre cette famille de planètes et ouvrir la voie à une meilleure compréhension de l’atmosphère des planètes géantes froides », indique Magali Deleuil du Laboratoire d’Astrophysique de Marseille et responsable du programme exoplanète de CoRoT.
L’Observatoire Spatial Herschel de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) a révélé les empreintes de molécules organiques potentiellement porteuses de vie, dans la Nébuleuse d’Orion, une proche pouponnière stellaire dans notre Voie Lactée. Ce spectre détaillé, obtenu avec HIFI (Heterodyne Instrument for the Far-Infrared – Instrument Hétérodyne pour l’Infrarouge Lointain) – l’un des trois instruments novateurs à bord d’Herschel – illustre la mine d’informations qu’Herschel-HIFI apportera sur la formation des molécules organiques dans l’espace.

Image ci-contre: spectre HIFI de l’eau et de molécules organiques dans la Nébuleuse d’Orion.
Ce spectre HIFI a été obtenu pour le programme clé Herschel « HEXOS », une étude scientifique utilisant les instruments d’Herschel HIFI et PACS pour réaliser des relevés spectraux de cinq sources dans les nuages d’Orion de Sagittarius B2. Les droits d’exploitation scientifiques de ces observations Herschel sont la propriété du consortium HEXOS mené par E. Bergin (Université du Michigan). Crédits: ESA, HEXOS et le consortium HIFI
Ce spectre, l’un des premiers obtenus avec HIFI depuis son retour en forme olympique en janvier 2010, suite à des difficultés techniques, démontre clairement que l’instrument fonctionne très bien. Les aspects frappants dans ce spectre d’HIFI incluent une riche et dense suite de « pics », chacun représentant une signature du rayonnement émis par les molécules présentes dans la Nébuleuse d’Orion. Cette nébuleuse est réputée pour être l’une des « usines chimiques » les plus productives de l’espace, bien que toute l’ampleur de cette chimie et les voies de formation des molécules ne sont pas encore bien comprises. En cherchant parmi les pics du spectre, les astronomes ont identifié plusieurs molécules bien connues dont les signatures apparaissent à maintes reprises dans le spectre. L’identification des nombreuses autres raies d’émission est actuellement en cours.
En identifiant clairement les raies associées avec les molécules les plus usuelles, les astronomes peuvent alors commencer à extraire les signatures de molécules particulièrement intéressantes du fait de leur lien direct avec des molécules porteuses de vie. Une des caractéristiques du spectre d’Orion est sa richesse spectrale: parmi les molécules qui ont été identifiées dans ce spectre, il y a l’eau, le monoxyde de carbone, le formaldéhyde, le méthanol, le diméthyl éther, le cyanure d’hydrogène, l’oxyde de soufre, le dioxyde de soufre, et leurs isotopomères. On s’attend également à ce que de nouvelles molécules organiques soient identifiées.
« Ce spectre HIFI, et les nombreux autres à venir, sera un véritable trésor d’informations en ce qui concerne l’inventaire chimique, et le mode de formation des molécules organiques dans une région de formation d’étoiles. Il présage une compréhension approfondie de la chimie dans l’espace, dès lors que le relevé spectral complet sera disponible », se réjouit Edwin Bergin de l’Université du Michigan, responsable (« Principal Investigator ») d’HEXOS, un des programmes clés d’Herschel. Continue Reading…
Herschel observe des galaxies jusqu’à 12 milliards d’années-lumière L’équipe HerMES du Laboratoire d’Astrophysique de Marseille (INSU-CNRS/Université de Provence) vient de révéler de nouvelles images enregistrées avec l’Observatoire Spatial Herschel, de l’Agence Spatiale Européenne, qui montrent les vues les plus détaillées en infrarouge de
l’Univers lointain, il y a 12 milliards d’années. Ces images, officiellement rendues publiques lors de la première conférence internationale Herschel qui s’est tenue à Madrid (jeudi 17 décembre), montrent des dizaines de milliers de galaxies nouvellement découvertes dans des phases initiales de leur formation. Les images seront étudiées par l’équipe du plus gros projet scientifique de la mission spatiale Herschel : HerMES (Herschel Multi-tiered Extragalactic Survey).
Les chercheurs du LAM (Véronique Buat, Denis Burgarella, Elodie Giovannoli, Alessandro Boselli, Annie Zavagno et Jean-Paul Baluteau) avec plus de 100 astronomes dans 6 pays et Sebastian Oliver (GB), responsable du projet, s’attendent à découvrir des centaines de milliers de nouvelles galaxies observées dans des phases initiales de leur formation, il y a plus de 10 milliards d’années. Les premiers résultats sont exceptionnels et dépassent les attentes des membres de l’équipe HerMES. Véronique Buat, chercheuse au LAM commente ces images: “Ces images sont une étape majeure dans la compréhension de l’univers lointain: elles nous montrent plusieurs milliers de galaxies en infrarouge jusqu’à des distances supérieures à 10 milliards d’années-lumière. Aucun télescope infrarouge n’avait pu atteindre cette sensibilité auparavant.” L’observatoire spatial Herschel est le plus grand télescope spatial jamais construit. Il est équipé de trois instruments : SPIRE (dont le dessin optique a été initialement réalisé au LAM), PACS et HIFI. Herschel a été lancé avec succès le 14 mai 2009 à bord de la fusée Ariane 5 à partir de la base Européenne de Kourou en Guyane Française. Après un voyage de deux mois et quelques 1,5 millions de kilomètres, Herschel a atteint sa base d’observation et est entré en phase de routine pour les observations. Le projet HerMES produira une carte de l’univers tel qu’il était il y a 8 milliards d’années grâce à des observations réalisées avec la camera infrarouge SPIRE.
Cette camera permet à Herschel de détecter des radiations provenant d’objets très froids et très distants : des étoiles et des galaxies en formation. “Il est fascinant de voir de telles images après seulement 14 heures d’observation et nous n’avons qu’une envie: pouvoir travailler sur l’ensemble des images du projet qui nous offriront une vision encore plus large de l’univers. Nous pourrons ainsi avoir une vision plus claire de l’histoire de la formation stellaire dans l’univers” déclare Denis Burgarella, astronome au LAM. Cette image, d’un champ équivalent à la surface de la pleine Lune, prise dans la constellation de la Grande Ourse, comprend plusieurs milliers de galaxies, jusqu’à des distances de 12 milliards d’années-lumière. Crédit : ESA La première des zones étudiées (et encore en phase d’investigation) a révélé des milliers de galaxies. A 12 milliards d’années-lumière de nous, les galaxies photographiées par Herschel apparaissent comme des points dans le cosmos. 12 milliards d’années-lumière, c’est un peu plus de 1 milliard d’années après le Big Bang, lorsque les galaxies sont encore en pleine phase de formation de leurs étoiles. Un objectif majeur de la mission Herschel sera de découvrir comment les galaxies se sont formées et comment elles ont évolué au cours des quelques 13,7 milliards d’années pour former les galaxies telles qu’on les observe aujourd’hui dans notre univers local.
Six mois après le lancement, les astrophysiciens de la mission Herschel produisent les premiers résultats scientifiques. Au programme, premiers images de la formation des étoiles, de la texture de la matière interstellaire et de l’évolution des galaxies sont présentés les 17 et 18 décembre 2009 à Madrid lors d’un premier colloque sur les Résultats initiaux de Herschel.
Herschel a scruté à l’intérieur une pépinière stellaire caché et y a révélé des quantités surprenantes d’activité. Environ 700 nouveau-étoiles se formant sont estimées être entassés dans les filaments poussière qui s’étend à travers l’image. L’image est la première nouveauté de la «OSHI», ESA’s Online Showcase of Herschel Images.
Cette image montre un nuage noir 1000 années-lumière dans la constellation Aquila, l’Aigle. Il couvre une superficie de 65 années-lumière de diamètre, est aussi entourée de poussière qui aucun satellite infrarouge précédent a été en mesure de voir dedans.Maintenant, grâce à une sensibilité supérieure d’Herschel aux longueurs d’onde plus longues de l’infrarouge, les astronomes ont leur première photo de l’intérieur de ce nuage.
Elle a été prise le 24 Octobre en utilisant deux des instruments de Herschel: Les instruments PACS et (SPIRE). Les deux régions brillantes sont les zones où de grandes quantités de nouvelles étoiles sont à l’origine de l’ionisation du gaz
Ancrés dans les filaments de poussière dans l’image plus de 700 condensations de poussières et de gaz qui finiront par devenir des étoiles. Les astronomes estiment que près de 100 sont des proto-étoiles, les objets célestes dans les dernières étapes de la formation. Chacun d’eux a juste besoin d’allumer la fusion nucléaire en son noyau pour devenir une étoile. Les 600 autres objets ne sont pas suffisamment développé pour être considéré comme proto-étoiles, mais elles finiront par devenir une autre génération d’étoiles.
Ce nuage est une partie de la ceinture de Gould, anneau partiel d’étoiles d’environ 3 000 années-lumière de diamètre, incliné d’environ 16 à 20 degrés par rapport au plan galactique. Il contient beaucoup d’étoiles de type O et B, et pourrait constituer le bras spiral local dont le Soleil fait partie — à environ 325 années-lumière de son centre. On pense qu’il est âgé de 30 à 50 millions d’années et son origine est inconnue. Il est nommé d’après Benjamin Gould, qui l’identifia en 1879
Ceinture de Gould fourni beaucoup d’étoiles brillantes de certaines constellations, comme Orion, Scorpion et Crux. L’observation de ces pouponnières d’étoiles est un programme essentiel pour Herschel, qui vise à découvrir les caractéristiques démographiques de la formation, ou en d’autres termes, les quantités d’étoiles qui peuvent se constituer et la gamme des masses que ces étoiles ont. En dehors de cette région de l’aigle, Herschel a un objectif d’observation de 14 autres régions de formation dans le cadre de la ceinture de Gould’s Key Programme.
Vous pouvez voir le lancement du satellite wise en direct sur le site de la NASA TV
http://www.nasa.gov/multimedia/nasatv/index.html
C’est avec l’instrument HIFI que herschel à réaliser ce spectre.

Ceci est l’un des premiers spectres obtenus avec l’instrument HIFI sur Herschel. Dans ce spectre de la comète Garradd la raie de d’eau est évidente. HIFI permettra de comparer les caractéristiques de l’eau et des molécules organiques volatils libérés par diverses comètes dans le système solaire à l’approche du Soleil.
Comètes, la fusion de petits grains de poussières maintenus ensemble par la glace, sont formées il ya environ 4,5 milliards d’années dans le froid, les régions extérieures du système solaire.Pour la plupart, les comètes sont loin du Soleil et, par conséquent, elles représentent des corps plutôt primitifs, elles sont apparue lorsque le système solaire et les planètes se sont formées. Comètes ont grandement contribué à l’inventaire des substances volatiles comme l’eau sur la Terre et des autres planètes telluriques. lors de petites perturbations dans leur orbite , elles se retrouvent propulser vers l’intérieur du système solaire . Quand elles s’approchent du Soleil, la chaleur augmente et sublime la glace libérant de l’eau et autres molécules, ce qui signifie que la composition et les caractéristiques de la comète peuvent être facilement mesurés.
Il y a bien eu un impact, un cratère, mais pas de fumée visible… Premières conclusions du crash programmé de la mission LCROSS sur la Lune.

Plan rapproché de l’intérieur cratère Cabeus pris par LCROSS peu avant l’impact .
Tout le monde l‘attendait avec une certaine excitation : un panache de poussières s’élevant près du pôle sud de la Lune après l’impact programmé de la mission LCROSS. Cette belle image, l’agence spatiale américaine n’a pas pu la montrer à l’issue du crash de LCROSS dans le cratère Cabeus, à 11h35 TU ce vendredi.
De nombreux télescopes avaient pourtant braqué leurs regards vers le pôle sud de la Lune où Centaur, l’étage supérieur du lanceur de la mission LRO/LCROSS, s’est écrasé. Malgré les deux tonnes de l’impacteur, aucun panache n’a été observé.
Le panache a aussi pu être caché par les rebords du cratère Cabeus, plus profond que le premier point d’impact choisi. Le nuage devait atteindre 2 à 3 kilomètres de haut pour être vu depuis la Terre. Les images des télescopes spatiaux n’étaient pas encore disponibles au moment de la conférence de presse vendredi après-midi.
Quoi qu’il en soit, «nous avons assez de données pour répondre à la question qui était posée : y a-t-il ou non de l’eau» a affirmé Tony Colaprete. L’objectif de la mission LCROSS était en effet de sonder le fond d’un cratère qui ne voit jamais la lumière du Soleil et qui pourrait abriter de la glace d’eau ou de l’hydrogène. La réponse devrait venir dans les jours, les semaines ou les mois qui viennent.